Voici la transcription :
Le tourisme de masse face au tourisme durable
Salut et bienvenue sur le podcast de Real French Daily.
Aujourd’hui, on parle d’un sujet que la France connaît particulièrement bien : le tourisme, et la tension grandissante entre son succès économique et ses limites.
Allez, c’est parti !
La France adore accueillir des visiteurs. Et les chiffres le prouvent. Selon le Ministère de l’Économie, la France a accueilli 102 millions de visiteurs internationaux en 2025, confirmant sa place de pays le plus visité au monde, avec un record historique de 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques.
Cent deux millions de visiteurs, pour un pays d’un peu plus de 68 millions d’habitants. Autrement dit : chaque année, la France reçoit presque deux fois plus de touristes que d’habitants.
Ce succès est une immense fierté nationale, et un pilier économique majeur. Mais il a aussi un revers, de plus en plus visible : le surtourisme.
Attention, ces deux notions ne veulent pas dire la même chose. Le tourisme de masse, c’est un volume : des centaines de millions de voyageurs dans le monde chaque année. Le surtourisme, lui, c’est un effet local et précis : le moment où cette fréquentation dégrade la qualité de vie des habitants ou l’expérience même des visiteurs.
Et ce phénomène touche directement les Français. Selon une étude OpinionWay publiée en 2025, 45 % des visiteurs de sites touristiques déclarent avoir été exposés au surtourisme durant l’été.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Des calanques prises d’assaut dès l’aube. Des villages de montagne où il devient impossible de se garer. Des files d’attente interminables devant les monuments les plus connus. En réalité, ce n’est pas la France entière qui est saturée : selon certaines estimations, environ 80 % de l’activité touristique se concentrerait sur seulement 20 % du territoire. Le problème n’est donc pas la quantité globale de touristes, mais leur concentration extrême sur quelques lieux, à quelques dates précises.
Face à cette pression, plusieurs sites emblématiques ont commencé à réagir. Certaines calanques du Sud de la France imposent désormais une réservation obligatoire, avec un nombre de visiteurs strictement limité chaque jour. D’autres îles ou sites naturels fragiles appliquent le même principe : un quota quotidien, pour préserver à la fois l’environnement et la qualité de l’expérience.
C’est là qu’intervient la deuxième partie du sujet : le tourisme durable. L’idée est simple sur le papier, mais complexe à mettre en œuvre : continuer à accueillir des visiteurs, sans détruire ce qui les attire justement, que ce soit un paysage naturel, un patrimoine historique, ou tout simplement la qualité de vie des habitants.
Le gouvernement français a d’ailleurs affiché une ambition claire : atteindre 100 milliards d’euros de recettes touristiques d’ici 2030, tout en devenant la première destination mondiale du tourisme durable. Un objectif qui illustre bien le dilemme : vouloir croître économiquement, sans pour autant reproduire les excès du passé.
Concrètement, cela passe par plusieurs leviers. Encourager les visiteurs à explorer des destinations moins connues, en dehors des sites déjà saturés. Étaler la fréquentation sur l’année plutôt que sur les seuls mois d’été. Ou encore inciter à visiter les grands sites très tôt le matin ou en fin de journée, pour éviter les pics de fréquentation.
Alors, faut-il culpabiliser de voyager en France, ou ailleurs ?
Pas nécessairement. Le tourisme reste une source de richesse économique et culturelle immense, autant pour les visiteurs que pour les territoires qui les accueillent. Mais voyager de façon plus réfléchie, en évitant les lieux et les moments de sursaturation, peut faire une vraie différence, à la fois pour les habitants et pour la qualité de l’expérience elle-même.
Le vrai défi, une fois de plus, n’est pas seulement économique. Il est aussi une question d’équilibre : profiter des richesses touristiques d’un pays, sans en épuiser les ressources, ni la patience de ceux qui y vivent à l’année.
Et toi ? As-tu déjà vécu une expérience de surtourisme, en France ou ailleurs ? Comment choisis-tu tes destinations de vacances ?
Merci d’avoir écouté ce podcast de Real French Daily. À très bientôt pour un nouvel épisode.


