Grammaire · B1/B2 · À partir du podcast « Les compléments alimentaires »
« Sans » + infinitif : le piège du « -ing »
L’épisode de cette semaine prévient : « Sans s’en rendre compte, on peut dépasser les doses recommandées. » En anglais, on dirait « without realizing it » — avec un « -ing ». En français, jamais : après « sans », c’est toujours l’infinitif.
La règle en une phrase
Sans + infinitif exprime une absence d’action, ou la manière dont une autre action se produit. Le sujet des deux actions (celle avec « sans » et l’action principale) est toujours le même.
Exemple tiré du podcast
« Sans s’en rendre compte, on peut donc dépasser les doses recommandées. »
→ sans + infinitif pronominal (s’en rendre compte) : une action qui n’a pas lieu
L’astuce pratique
Le piège classique pour les anglophones : traduire « without doing » par « sans faisant ». C’est toujours incorrect en français. Retiens : « sans » + infinitif, jamais de gérondif après « sans ».
Beaucoup de gens prennent des compléments sans vraiment savoir s’ils en ont besoin.
Vocabulaire de l’épisode
- Une carence — un manque de vitamines, minéraux ou autres nutriments
- Un(e) nutritionniste — un(e) professionnel(le) spécialiste de l’alimentation
- Anodin(e) — sans danger, sans conséquence grave
Mini quiz
- Elle a pris ce complément ___ (demander) conseil à son médecin.
- On peut développer des problèmes de santé ___ (le savoir).
- Ne prends jamais un médicament ___ (lire) la notice.
Réponses : 1. sans demander — 2. sans le savoir — 3. sans lire
🎧 Cet article accompagne l’épisode « Les compléments alimentaires : utiles ou simplement très bien vendus ? » — écoute-le sur Spotify, Apple Podcasts ou YouTube.
Voici la transcription :
Les compléments alimentaires : utiles ou simplement très bien vendus ?
Salut et bienvenue sur le podcast de Real French Daily.
Si tu veux entendre du français authentique et progresser naturellement, tu es au bon endroit.
Aujourd’hui, on va parler des compléments alimentaires.
Fatigue, stress, sommeil difficile, digestion… Pour chaque problème du quotidien, il semble exister une gélule, une poudre ou un petit bonbon coloré.
Mais ces produits sont-ils vraiment nécessaires ? Pourquoi les Français(es) en consomment-ils autant ? Et surtout, sont-ils toujours sans danger ?
Allez, c’est parti !
Imagine la scène.
Tu entres dans une pharmacie parce que tu te sens un peu fatigué(e).
Devant toi, des dizaines de boîtes promettent de renforcer tes défenses naturelles, d’améliorer ton sommeil ou de réduire ton stress.
Tu hésites entre le magnésium, la vitamine C, le collagène et les probiotiques.
Finalement, tu étais venu(e) chercher un seul produit… et tu ressors presque avec un menu complet !
Cette situation est loin d’être exceptionnelle.
Selon le baromètre 2026 de Synadiet, 61 % des Français(es) consomment des compléments alimentaires. Cela représente presque deux personnes sur trois.
En 2025, le marché français a même dépassé les trois milliards d’euros. En dix ans, il a pratiquement doublé.
Mais qu’est-ce qu’un complément alimentaire exactement ?
Contrairement à ce que son apparence pourrait laisser penser, ce n’est pas un médicament.
Il s’agit d’un produit qui contient des vitamines, des minéraux, des plantes ou d’autres substances concentrées.
Il peut prendre la forme de comprimés, de gélules, de poudres ou de gummies, ces petits bonbons à mâcher devenus très populaires.
Le mot important dans l’expression « complément alimentaire », c’est le mot « complément ».
Ces produits sont censés compléter une alimentation normale. Ils ne doivent pas remplacer une alimentation variée ni un traitement médical.
Mais alors, pourquoi sont-ils autant consommés ?
Les principales raisons sont assez faciles à comprendre.
Certain(e)s veulent renforcer leurs défenses naturelles. D’autres souhaitent retrouver de l’énergie, mieux dormir, réduire leur stress ou améliorer leur digestion.
On dort mal.
On se sent fatigué(e).
On manque parfois de temps pour cuisiner correctement.
Et dans ces moments-là, prendre une gélule semble beaucoup plus simple que de changer complètement son mode de vie.
Le marketing joue également un rôle important.
Sur les emballages, on trouve souvent des fruits, des plantes et des expressions comme « énergie », « équilibre », « vitalité » ou « défense naturelle ».
Tout est fait pour donner une impression de bien-être et de sécurité.
Mais attention : naturel ne signifie pas toujours sans danger.
Une plante peut être naturelle et provoquer malgré tout des effets indésirables.
Certains ingrédients peuvent aussi interagir avec des médicaments ou être déconseillés aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes souffrant de certaines maladies.
Pour surveiller ces risques, l’Anses a créé un système appelé la nutrivigilance.
Depuis 2009, plus de 5 000 problèmes potentiellement liés à ces produits ont été déclarés.
Les effets peuvent être relativement légers, comme des maux de ventre, des démangeaisons ou des maux de tête.
Mais certaines réactions peuvent être beaucoup plus sérieuses.
En avril 2025, la France a par exemple suspendu les compléments contenant une plante appelée Garcinia cambogia.
Cette plante était surtout utilisée dans des produits destinés à perdre du poids.
La décision a été prise après plusieurs signalements d’effets graves, notamment au niveau du foie, du cœur et du système digestif.
Cela ne signifie pas que tous les compléments alimentaires sont dangereux.
Cela signifie simplement qu’ils ne sont pas anodins.
Il faut aussi faire attention lorsqu’on mélange plusieurs produits.
Une personne peut prendre un complément pour dormir, un autre pour retrouver de l’énergie et un troisième pour ses cheveux.
Mais plusieurs produits peuvent contenir les mêmes vitamines ou les mêmes minéraux.
Sans s’en rendre compte, on peut donc dépasser les doses recommandées.
Les achats sur Internet demandent également de la vigilance.
Certains sites étrangers proposent des produits contenant des substances interdites en France.
Il est donc important de vérifier la composition et l’origine du produit, et de demander conseil à un(e) médecin, un(e) pharmacien(ne) ou un(e) nutritionniste en cas de doute.
Alors, les compléments alimentaires sont-ils utiles ou simplement très bien vendus ?
La réponse dépend probablement de la situation.
Lorsqu’une personne souffre d’une carence ou traverse une période particulière, certains compléments peuvent être utiles, surtout lorsqu’ils sont recommandés par un(e) professionnel(le) de santé.
Mais ils ne représentent pas une solution magique.
Une gélule ne peut pas toujours compenser un manque de sommeil, une alimentation déséquilibrée, un stress permanent ou une absence d’activité physique.
Finalement, les compléments alimentaires montrent surtout à quel point on cherche aujourd’hui des solutions rapides pour prendre soin de sa santé.
Ils peuvent apporter une aide dans certaines situations, mais leur consommation doit rester réfléchie.
Avant de remplir son placard de vitamines, de poudres et de gummies, il vaut donc mieux se poser une question très simple :
Est-ce que j’en ai réellement besoin ?
Et toi ?
As-tu déjà consommé des compléments alimentaires ?
Est-ce un(e) professionnel(le) de santé qui te les a conseillés, ou as-tu choisi le produit toi-même ?
Merci d’avoir écouté ce podcast de Real French Daily.
À très bientôt pour un nouvel épisode.


