Grammaire · B1/B2 · À partir du podcast « Le Tour de France »
Le superlatif : « le plus », « la plus », « les plus »
Cette semaine, l’épisode raconte comment le Tour de France est né d’une idée pour sauver un journal en faillite. Le récit est plein de superlatifs — le journal le plus célèbre, le quotidien le plus lu, l’un des événements les plus fréquentés au monde. C’est l’occasion parfaite pour revoir cette structure.
La règle en une phrase
Le superlatif se forme avec le / la / les + plus (ou moins) + adjectif. L’article et l’adjectif s’accordent avec le nom dont on parle — pas avec autre chose.
Exemples tirés du podcast
- « Le journal le plus célèbre s’appelle Le Vélo. » → masculin singulier (un journal)
- « L’Auto devient le quotidien sportif le plus lu de France. » → masculin singulier (un quotidien)
- « C’est l’un des événements sportifs gratuits les plus fréquentés au monde. » → masculin pluriel (des événements)
L’astuce pratique
Repère d’abord le nom dont tu parles, puis accorde l’article ET l’adjectif avec lui. Attention avec « les » : il ne change jamais de forme, que ce soit pour du masculin ou du féminin pluriel — contrairement à « le » et « la ». On oublie donc parfois d’accorder l’adjectif au féminin, alors que lui, doit s’accorder.
les journaux les plus lus (masculin pluriel, pas de « e ») — les affaires les plus célèbres (féminin pluriel, on ajoute le « e »)
Vocabulaire de l’épisode
- Faire faillite — ne plus avoir assez d’argent pour continuer une activité
- Abandonner (une course) — arrêter de participer avant la fin
- Goudronné(e) — recouvert(e) d’asphalte, comme une route moderne
Mini quiz
- Maurice Garin est ___ (rapide) de la course de 1903.
- Le Tour de France est l’une des courses ___ (populaire) au monde.
- C’était ___ (long) étape du parcours, avec plus de 400 kilomètres.
Réponses : 1. le plus rapide — 2. les plus populaires — 3. la plus longue
🎧 Cet article accompagne l’épisode « Le Tour de France : la plus grande course cycliste est née… pour sauver un journal ! » — écoute-le sur Spotify, Apple Podcasts ou YouTube.
Voici la transcription :
Le Tour de France : la plus grande course cycliste est née… pour sauver un journal !
Salut et bienvenue sur le podcast de Real French Daily.
Si tu veux entendre du français authentique et progresser naturellement, tu es au bon endroit.
Aujourd’hui, on va parler du Tour de France.
Chaque mois de juillet, des millions de personnes regardent les coureurs traverser les montagnes, les villages et les plus beaux paysages français.
Mais sais-tu que cette compétition n’a pas été créée pour le sport ?
À l’origine, le Tour de France est surtout… une opération de marketing destinée à sauver un journal au bord de la faillite.
Alors, comment une simple idée lancée au cours d’un déjeuner est-elle devenue l’un des plus grands événements sportifs au monde ?
Allez, c’est parti !
Revenons plus de cent vingt ans en arrière.
Nous sommes au début du XXᵉ siècle.
À cette époque, il n’y a ni télévision, ni réseaux sociaux, ni Internet.
Pour suivre l’actualité, les Français lisent les journaux.
Et parmi les sujets les plus populaires figure déjà le sport.
Le journal le plus célèbre s’appelle Le Vélo.
Il domine largement le marché et vend chaque jour des milliers d’exemplaires.
Mais un événement politique va tout bouleverser.
À la fin du XIXᵉ siècle, la France est profondément divisée par ce qu’on appelle l’affaire Dreyfus.
Sans entrer dans les détails, cette affaire oppose les Français pendant plusieurs années.
Le directeur du journal Le Vélo prend publiquement position.
Cette décision ne plaît pas à certains grands industriels du secteur du vélo et de l’automobile.
Ils décident alors de financer un nouveau journal sportif.
Son nom : L’Auto-Vélo.
L’objectif est simple : concurrencer Le Vélo.
Mais les débuts sont difficiles.
Très rapidement, la justice oblige le nouveau journal à abandonner le mot « Vélo » dans son titre.
Il devient simplement L’Auto.
Le problème, c’est que les ventes restent très faibles.
Le journal perd de l’argent et son avenir semble compromis.
Les dirigeants cherchent désespérément une idée capable d’attirer les lecteurs.
Puis arrive ce qui ressemble presque à un coup de génie.
En novembre 1902, plusieurs journalistes se retrouvent autour d’un repas.
Au cours de la discussion, un jeune journaliste, Géo Lefèvre, lance une idée complètement folle.
Pourquoi ne pas organiser une course cycliste qui ferait le tour de toute la France ?
À l’époque, personne n’a jamais imaginé une compétition d’une telle ampleur.
L’idée paraît presque irréalisable.
Pourtant, Henri Desgrange, le directeur du journal, comprend immédiatement son potentiel.
Si cette course attire l’attention, tout le monde parlera de L’Auto.
Quelques mois plus tard, le projet devient réalité.
Le 1ᵉʳ juillet 1903, soixante coureurs prennent le départ devant le café Le Réveil Matin, à Montgeron, près de Paris.
Le parcours est gigantesque.
En six étapes seulement, les participants doivent parcourir près de 2 430 kilomètres.
Pour comparer, le Tour de France moderne compte environ 3 500 kilomètres, mais il est réparti sur 21 étapes, ce qui rend chaque journée beaucoup moins longue.
En 1903, certaines étapes dépassent les 400 kilomètres.
Les cyclistes roulent parfois plus de dix-huit heures d’affilée.
Et contrairement aux coureurs d’aujourd’hui, ils ne disposent pratiquement d’aucune assistance.
Pas de voiture suiveuse.
Pas de radio.
Pas d’équipe de mécaniciens.
Lorsqu’un vélo tombe en panne, le coureur doit le réparer lui-même.
S’il casse une roue au milieu de la nuit, personne ne vient l’aider.
Les routes sont souvent couvertes de poussière, de pierres ou de boue.
La plupart ne sont même pas goudronnées.
Les participants roulent de jour… mais aussi de nuit.
Ils affrontent la chaleur, la pluie, le vent et une fatigue extrême.
Certains s’endorment quelques minutes au bord de la route avant de repartir.
D’autres abandonnent complètement.
Sur les soixante participants du départ, seuls vingt-et-un terminent la course.
Le vainqueur s’appelle Maurice Garin.
Il réalise l’exploit de terminer les 2 430 kilomètres en un peu moins de 95 heures de course cumulées.
Mais le véritable gagnant est peut-être le journal L’Auto.
Le succès dépasse toutes les attentes.
Les lecteurs se passionnent pour cette aventure hors du commun.
Les ventes du journal explosent.
Quelques années plus tard, L’Auto devient le quotidien sportif le plus lu de France.
Finalement, cette course imaginée pour sauver un journal devient un événement national.
Aujourd’hui, le Tour de France est suivi dans plus de 190 pays.
Les images sont diffusées à la télévision auprès de centaines de millions de téléspectateurs.
Et surtout, près de 12 millions de spectateurs se placent chaque année au bord des routes pour encourager les coureurs.
C’est tout simplement l’un des événements sportifs gratuits les plus fréquentés au monde.
Plus d’un siècle après sa création, le Tour continue d’évoluer.
Les vélos sont devenus beaucoup plus légers.
Les coureurs portent des casques, utilisent des équipements très sophistiqués et sont entourés d’équipes complètes composées de mécaniciens, de médecins, de nutritionnistes et de directeurs sportifs.
Mais l’esprit de l’épreuve reste le même.
Traverser la France en repoussant ses limites.
Et penser que tout cela est né d’une simple conversation entre quelques journalistes…
Comme quoi, une idée qui paraît complètement folle peut parfois changer l’histoire.
Et toi ?
Aimerais-tu assister au passage du Tour de France au bord de la route ?
Ou préférerais-tu suivre la course tranquillement à la télévision ?
N’hésite pas à réfléchir à cette question.
Merci d’avoir écouté ce podcast de Real French Daily.
À très bientôt pour un nouvel épisode.


